La jetée de Merquel


© Fohanno

1867-1920 : Cinquante-trois années séparent le début des travaux de construction de la jetée et l’installation d’un feu chargé de sécuriser l’entrée de la rade où mouillaient les bateaux qui transportaient le sel de Mesquer.

Le 15 janvier 1920, un « fixe d’horizon blanc fut placé au sommet de montants en fer, dans une cabane métallique implantée sur la falaise à la pointe de Merquel.

Ce fixe fut remplacé en 1936 par une tourelle en fonte installée à l’extrémité de la jetée et reliée à l’électricité par une série de poteaux en bois.

En 1955, les services de la marine construisirent un bâtiment en maçonnerie pour remplacer la tourelle mais la tempête qui sévit dans la nuit du 13 au 14 octobre 1967 eut raison de cette construction.

Reconstruit peu après, « le phare » a résisté jusqu’à maintenant aux assauts du vent et des vagues.


Premières régates de Mesquer vers 1905. © Camaret-Fohanno


Un accès à la rade réputé très dangereux…

Les cartes marines mettent en évidence les nombreux écueils autour de la pointe de Merquel et de la pointe de « Penbaye», dont le fameux rocher Préhel situé au milieu du passage. Seul un contrefort de l’église prieurale à la pointe de Merquel servait d’amer aux bateaux depuis la destruction du prieuré en 1615 et signalait l’entrée de la rade de Mesquer.

Dès lors, il n’est pas étonnant que dès l’An XI, conscients au premier chef de cette insécurité aux abords et dans la rade, les élus de Mesquer avaient fait «déffense à tous particuliers de tirer dorénavant des pierres à la pointe de Merquel à peinne pour les contrevenants d’être poursuivis…» et décidé « qu’il sera mis deux balises à demeure qui auront pour fondement deux canons, l’une sur le rocher le plus au large de la pointe de Merquel et l’autre sur le rocher le plus au large de la pointe du rocher de Préhel. »

Cette réputation de dangerosité fut certainement relayée dans les « brèves de comptoir » par les marins fréquentant la rade de Mesquer, sinon, comment expliquer cette allusion faite par Victor Hugo au « bas-fonds de Préhel qui étrangle Merquel et qui force de ranger à vingt brasses la balise peinte en rouge… » dans Les travailleurs de la mer. À notre connaissance, Victor Hugo n’est jamais venu à Mesquer…

 

Des projets…

Au cours du XIXe siècle, plusieurs projets visant au développement et à la sécurisation du commerce maritime à Mesquer virent le jour.

La demande de messieurs Muterse et Galissier au Conseil général en témoigne, elle visait à « obtenir la concession de lais de mer, pour l’établissement de marais salants, à charge pour eux de construire un bassin à flots… ». Cette demande a été évoquée par Georges Tattevin en 1911 qui décrivait ce « bassin à flot de 3 750 m² dans la baule de Merquel qui aboutit par un avant-port allongé au travers de ladite baule, navigable pour des bateaux de 140 tonneaux… »

L’étude réalisée et consignée à sa retraite dans de petits carnets par Théodore Lorieux, ingénieur des ponts et chaussées, s’inscrit aussi dans ces projets. Il y notait « la seule amélioration que je considère comme possible pour l’amélioration du port de Mesquer et sa protection contre les vents du nord… serait la construction d’une digue en enrochement… », s’appuyant sur les travaux réalisés au trait du Croisic, il ajoutait « la passe navigable… à la pointe de Merquel serait approfondie et partagée dans l’intérieur du trait… » et ainsi « les barques pourraient gagner une heure sur le moment où elles peuvent entrer dans le trait et en sortir… ».

 

La jetée de Merquel avec son feu fit partie de ces projets mais son édification et surtout la mise en place de son feu feront couler beaucoup d’encre…

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